Ce jeudi 12 février, l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), qui regroupe le Palika, l’UPM et l’UNID, a tenu une conférence de presse décisive.
Objectif : clarifier, assumer et réaffirmer son soutien à l’accord complémentaire dit « Élysée-Oudinot », signé le 19 janvier 2026.
Malgré des pressions internes et des critiques venues d’autres composantes indépendantistes, les dirigeants de l’UNI ont affiché une ligne ferme : l’accord est signé, la négociation est terminée, le temps est désormais à la mise en œuvre.
Un compromis politique assumé face aux critiques
L’UNI a choisi de revenir en détail sur la séquence ayant conduit à la signature de l’accord complémentaire « Élysée-Oudinot ».
Une restitution complète a été menée au sein des différentes composantes du mouvement afin d’en expliquer les termes, les objectifs et les implications.
Les responsables ont rappelé que le statu quo n’est pas une option crédible lorsqu’il s’agit d’apporter des perspectives concrètes aux Calédoniennes et aux Calédoniens.
Selon l’UNI, l’accord de Bougival et son complément constituent un compromis politique historique, un compromis qui oblige chaque acteur à se hisser à la hauteur des enjeux.
Il s’inscrit dans une trajectoire qualifiée de responsable vers la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie, dans un cadre institutionnel renouvelé.
Pour les dirigeants, il ne s’agit pas d’un renoncement, mais d’une méthode.
Le choix est clair : sortir des blocages pour entrer dans une dynamique institutionnelle sécurisée.
À l’heure où le débat national s’ouvre à Paris, l’enjeu dépasse le seul territoire. Le projet de loi constitutionnelle doit être examiné au Sénat puis à l’Assemblée nationale.
L’UNI considère cette étape comme déterminante. Il revient désormais aux parlementaires nationaux d’inscrire dans la Constitution française un cadre institutionnel clair, pérenne et juridiquement sécurisé.
L’objectif affiché est sans ambiguïté : consolider l’effort de paix engagé et donner une assise républicaine à la parole donnée sur le terrain.
Une trajectoire institutionnelle sous l’accompagnement de l’État
L’UNI affirme s’engager dans les prochaines échéances avec confiance. Elle estime que l’accord pose les bases d’une identité calédonienne commune, respectueuse des particularités de chaque composante.
Dans cette perspective, le rôle de l’État français est explicitement mentionné.
Le projet porté repose sur une construction entre Calédoniens, avec un accompagnement stratégique de l’État.
Il ne s’agit pas, selon les dirigeants, de subir les événements, mais de bâtir.
Bâtir un socle institutionnel stable, sécurisé et inscrit dans la Constitution française.
L’accord complémentaire est présenté comme un outil destiné à dépasser les affrontements stériles et à offrir un cadre juridiquement solide.
L’UNI entend désormais consacrer son énergie à l’explication et à la pédagogie. Le mouvement annonce vouloir défendre l’accord dans chaque commune du pays.
L’objectif est de répondre à ce besoin croissant d’« esprit pays », un esprit qui, selon ses responsables, dépasse les clivages traditionnels.
Municipales 2026 : l’UNI veut être présente partout
À l’approche des élections municipales, l’UNI affiche une ambition claire : être présente dans les trente-trois communes de Nouvelle-Calédonie.
La démarche de l’Union nationale sera présente partout, a indiqué Jean-Pierre Djaïwé.
Les configurations varieront toutefois selon les réalités locales. Des listes dites « d’ouverture » pourront être constituées. Le mouvement revendique un dépassement des clivages dans le cadre communal.
Quatre axes structurent cette stratégie municipale.
Premier axe : la maîtrise des finances communales. L’UNI insiste sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et responsable.
Deuxième axe : la sauvegarde des infrastructures et des services essentiels. Les communes doivent garantir la continuité des services publics.
Troisième axe : des politiques publiques centrées sur l’humain. L’accent est mis sur la cohésion sociale et l’équilibre territorial.
Quatrième axe : la construction, à l’échelle communale, des fondements d’une nationalité calédonienne en devenir.
Pour Adolphe Digoué, l’enjeu est clair :
On ne se présente pas pour attendre. Il s’agit de poser, au niveau des communes, les bases du projet porté pour l’ensemble des Calédoniens.
Ces municipales sont donc pleinement intégrées à la trajectoire institutionnelle engagée par l’UNI.
Le message est direct : le temps des négociations est clos, celui de l’application commence.
Dans un contexte politique où les tensions demeurent, l’UNI choisit la cohérence et l’assumation. L’accord Élysée-Oudinot est défendu comme un point d’équilibre, un compromis politique qui engage la responsabilité collective.
La bataille se joue désormais sur deux fronts : à Paris, avec l’inscription constitutionnelle ; sur le terrain, avec les municipales.
Pour l’UNI, la ligne est tracée : avancer, sécuriser, construire et inscrire l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie dans un cadre clair, stable et reconnu par la République.


















