La sécurité civile n’est ni un slogan ni une option idéologique : c’est un devoir républicain fondamental.
Face aux risques naturels et humains, l’information claire et l’anticipation valent toujours mieux que l’improvisation.
Un DIIRIM intercommunal pour assumer la réalité des risques
Le SIVM Sud franchit un cap majeur en publiant son premier Document Intercommunal d’Information sur les Risques Majeurs (DIIRIM).
Un document clair, assumé et utile, qui rompt avec une culture de l’approximation trop longtemps tolérée.
Habituellement, ce type de support est connu sous l’appellation DICRIM, à l’échelle d’une seule commune.
Mais sur Farino, Moindou, La Foa, Sarraméa et Boulouparis, les maires ont fait un choix de responsabilité et d’efficacité : confier la gestion des incendies et des secours au SIVM Sud, structure intercommunale légitime et opérationnelle.
Ce DIIRIM a donc un objectif simple et ferme : dire la vérité sur les risques, expliquer les bons réflexes et permettre à chaque habitant de devenir acteur de sa propre sécurité.
Le document détaille les risques majeurs identifiés sur le territoire : inondations, feux de forêt, cyclones, séismes, risques industriels, sanitaires ou technologiques.
Il précise également les mesures de prévention existantes, les moyens d’alerte, les consignes de sécurité, ainsi que les comportements à adopter avant, pendant et après un événement grave.
Ici, pas de discours anxiogène ni de victimisation : de l’information factuelle, utile et applicable.
Risques courants, risques majeurs : remettre de l’ordre dans les définitions
Un risque courant est un danger du quotidien. Il peut survenir à la maison, à l’école, au travail ou sur la route, sans situation exceptionnelle.
Exemples concrets : se brûler en cuisinant, glisser sur un sol mouillé, se couper en bricolant ou être victime d’un accident de la circulation.
Ces situations relèvent de la prévention individuelle et des comportements responsables.
À l’inverse, un risque majeur correspond à une catastrophe grave, d’origine naturelle, humaine ou technologique.
Sa caractéristique est double : une faible probabilité, mais des conséquences lourdes et durables.
On distingue trois grandes familles de risques majeurs :
Risques naturels : cyclone, inondation, feu de forêt, séisme, tsunami.
Risques technologiques : accident industriel, transport de matières dangereuses, rupture de barrage.
Risques sanitaires : fortes chaleurs, infections émergentes ou réémergentes, épizooties.
Ces événements peuvent provoquer des dégâts matériels considérables, des victimes et des perturbations durables pour les communes.
Les ignorer ou les minimiser serait une faute politique et morale.
Le DIIRIM du SIVM Sud rappelle une évidence trop souvent oubliée : prévoir n’est pas paniquer, prévoir, c’est gouverner.
Sécurité civile : une chaîne d’autorité claire, du citoyen à l’État
La gestion des crises repose sur une organisation hiérarchisée et assumée, loin des discours flous.
Au sommet, le Haut-commissaire de la République intervient lorsque la catastrophe dépasse les capacités de la Nouvelle-Calédonie.
Il dispose de pouvoirs étendus : mobilisation et réquisition des moyens publics et privés, direction des opérations de secours, activation du plan ORSEC de zone de défense et sollicitation de renforts nationaux ou internationaux, notamment via les accords FRANZ.
À l’échelon territorial, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est compétent depuis 2014 en matière de sécurité civile.
Ses missions sont précises : prévention, information, alerte, protection des personnes et des biens, et coordination des secours via les dispositifs ORSEC et le COG 988.
Sur le terrain, les maires restent les premiers responsables. Ils assurent la prévention locale et mettent en place le Plan communal de sauvegarde (PCS), document public consultable en mairie.
Le PCS recense les moyens disponibles, anticipe les rôles de chacun et structure la réponse de crise.
En cas d’événement grave, le Poste de commandement communal (PCC) devient le centre névralgique : coordination des secours, diffusion des consignes, suivi de la situation et information de la population.
C’est le quartier général de la commune, sans place pour l’improvisation.
Autour de cette chaîne, les acteurs opérationnels agissent : sapeurs-pompiers, SAMU, police, gendarmerie, associations agréées de sécurité civile, unités spécialisées, services publics et privés et, si nécessaire, les Forces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC).
Le SIVM Sud, légitimé par les maires, joue un rôle central : il mutualise les moyens, optimise la réponse des centres d’incendie et développe une véritable culture de sécurité civile intercommunale.
Par ses actions de prévention, de sensibilisation et de formation aux premiers secours, le SIVM assume une ligne claire : responsabiliser plutôt que pleurnicher, préparer plutôt que subir.


















